RDC : Kinshasa met fin à l’état d’urgence sanitaire lié au Mpox

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La République démocratique du Congo (RDC) referme une séquence sanitaire qui aura éprouvé sa résilience autant que ses institutions. Après plus de trois années de lutte, le gouvernement a déclaré la fin de l’épidémie de Mpox comme urgence de santé publique nationale. L’annonce, faite à Kinshasa par le ministre de la Santé Roger Samuel Kamba, intervient dans un climat d’accalmie continentale, alors que le CDC Afrique et l’Organisation mondiale de la santé ont levé leurs dispositifs d’alerte.

Au plus fort de la crise, début 2025, le pays enregistrait près de 2 400 cas par semaine. Ils sont aujourd’hui environ 170. Plus de 124 000 cas auront été recensés depuis 2022, touchant durement les enfants et les provinces fragilisées par l’insécurité. La décrue n’efface pas la mémoire des tensions logistiques, des pénuries vaccinales initiales, ni des disparités territoriales. Elle atteste néanmoins d’un redressement méthodique.

La stratégie revendiquée par les autorités repose sur une centralisation assumée. Un plan, un budget, une coordination. Cette architecture a permis d’éviter l’émiettement des réponses qui avait parfois handicapé d’autres crises. En trois ans, le pays est passé de deux à près de soixante laboratoires opérationnels. Plus de 1,5 million de personnes ont été vaccinées. Derrière ces chiffres, il y a une administration qui apprend, des équipes formées, des circuits de décision raccourcis.

Une épidémie prolongée pèse sur la productivité, désorganise l’école, fragilise les ménages. Sa maîtrise libère des marges d’action. Elle rassure les investisseurs, consolide la crédibilité internationale et renforce la capacité de l’État à planifier. Le coût de la riposte, évalué à environ 90 millions de dollars, contraste avec les dépenses engagées lors d’Ebola pour un nombre de cas bien inférieur. Cette efficience budgétaire marque un progrès réel dans la gouvernance sanitaire.

Pour autant, le virus circule encore. La vigilance reste de mise, notamment dans l’est du pays où l’insécurité complique l’accès aux soins. La consolidation des acquis exigera une inscription durable des capacités nouvelles dans le droit commun du système de santé, au-delà de la logique d’urgence.

L’expérience congolaise offre un enseignement précieux. Elle montre qu’un État africain peut, malgré des contraintes structurelles, structurer une réponse cohérente, maîtriser ses coûts et renforcer ses institutions. La fin de l’épidémie n’est pas un point final. Elle est une preuve que la souveraineté sanitaire se construit par l’effort, la discipline et la constance. C’est sur cette exigence que se jouera la prochaine étape du développement congolais.

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