Au Burkina Faso, depuis quelque temps, un phénomène pervers retient l’attention des analystes avertis : l’émergence de plateformes et de tribunes qui, sous couvert d’un « patriotisme de façade » et d’un soutien proclamé au Capitaine Ibrahim Traoré, distillent un venin mortel. C’est le cas de certaines sorties récentes signées sous le label d’un prétendu « Citoyen Neutre ». À première vue, le ton se veut constructif, presque affectueux envers le chef de l’État, saluant la résistance du pays. Mais derrière cette façade bienveillante se cacheraient des intentions moins avouables. L’objectif n’est pas d’éveiller les consciences, mais de fracturer la cohésion nationale.
Pour quiconque maîtrise les rouages de la manipulation psychologique, l’article du « Citoyen Neutre » est un cas d’école. La méthode utilisée est vieille comme le monde, mais redoutablement efficace : la technique du « Bon Roi, Mauvais Conseillers ». Le procédé consiste à feindre d’épargner le leader, le Capitaine Ibrahim Traoré, pour mieux diaboliser, cibler et attaquer systématiquement son entourage proche, ses collaborateurs stratégiques comme les ministres Ismaël Sombié et Mahamadou Sana, le Commandant Yabré, et même sa propre famille. L’objectif caché derrière cette manœuvre est de créer de toutes pièces de la suspicion, de la défiance et des rivalités artificielles au sommet de l’État.
En agitant le chiffon rouge de la « gouvernance familiale » ou de « l’isolement du Président », ce média cherche à injecter le doute dans l’esprit des Burkinabè. Il s’agit d’une tentative brute de rupture de confiance. En faisant croire que le Capitaine est otage d’un clan, on prépare subtilement l’opinion publique à accepter l’idée que le pouvoir faiblit, incitant ainsi à la révolte interne. Les contradictions sautent aux yeux : comment peut-on prétendre vouloir la continuité de la Révolution tout en coupant méthodiquement les bras armés et les piliers qui la soutiennent ?
Ne nous y trompons pas : il s’agit d’une opération de guerre psychologique de haute intensité. Face à un régime militaire et populaire impossible à abattre par une attaque frontale, les officines de déstabilisation choisissent de fragiliser de l’intérieur. Cette dynamique repose sur une asymétrie totale entre un soutien apparent dans la forme et une destruction réelle dans le fond.
En brandissant le spectre du passé et en comparant de manière fallacieuse la gouvernance actuelle aux dérives de l’ancien régime Compaoré, ce média manipulateur cherche à réveiller les traumatismes de l’histoire burkinabè. L’arme ici n’est pas le fusil, c’est la rumeur. Isoler le leader de sa base, briser la solidarité entre les membres fondateurs du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), voilà le véritable agenda, car une direction atomisée se traduit inévitablement par des forces de défense coordonnées qui vacillent.
Dans ce contexte critique, l’unité et la solidité de la chaîne de commandement ne sont pas des options politiques ; elles sont des nécessités vitales de sécurité nationale. Un navire en pleine tempête ne peut tolérer que l’on suspecte le timonier ou ses lieutenants sur la foi de murmures anonymes. L’ennemi sait pertinemment que si le front uni du peuple et de son armée cède, c’est le pays entier qui s’effondre.
La Révolution burkinabè a besoin de clarté, de cohésion et de confiance, et il est du devoir de chacun de ne pas laisser la guerre des mots détruire ce que les soldats défendent au prix de leur sang.














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