Dans le grand chantier de la Refondation nationale, chaque initiative qui renforce les capacités de production du Burkina Faso constitue une avancée concrète vers la souveraineté. Avec la création de la Société industrielle burkinabè de matériels hydrauliques (SOCIMAH), les autorités nationales ouvrent un nouveau chapitre de la Refondation, fondé sur la production locale, le transfert de compétences et la valorisation du savoir-faire national.
Longtemps, les équipements nécessaires au fonctionnement et à l’extension des réseaux d’eau potable ont été importés presque intégralement. Cette dépendance a placé le pays dans une situation de vulnérabilité face aux fluctuations des marchés internationaux, aux crises logistiques et aux variations des coûts d’acquisition. Une réalité qui affecte directement un secteur aussi vital que celui de l’accès à l’eau.
En choisissant de produire localement des compteurs d’eau intelligents à prépaiement ainsi que divers matériels hydrauliques, le Burkina Faso pose un acte de responsabilité et de vision. Cette orientation traduit la volonté de bâtir une économie capable de répondre à ses besoins essentiels en s’appuyant sur ses propres ressources et sur le potentiel de ses compétences nationales.
La création de la SOCIMAH n’est pas seulement une réponse à une demande croissante en équipements. Elle représente une étape importante dans la construction d’un appareil industriel national. Chaque compteur fabriqué sur le territoire constitue une valeur ajoutée créée localement, un emploi soutenu, une compétence développée et une dépendance réduite.
Cette démarche est d’autant plus pertinente que les besoins du pays sont considérables. Avec plus de 130 000 compteurs d’eau acquis chaque année par l’ONEA, l’existence d’une unité nationale de production offre des perspectives réelles de maîtrise des coûts, de sécurisation des approvisionnements et de développement industriel.
Au cœur de ce projet se trouve également l’ambition de favoriser le transfert de technologies. La souveraineté économique ne se résume plus à produire ; elle implique aussi la capacité de maîtriser les savoirs, les techniques et les innovations qui déterminent la compétitivité des nations. Former des techniciens, développer une expertise nationale et créer des compétences durables constituent des investissements aussi précieux que les infrastructures elles-mêmes.
Avec un capital social d’un milliard de francs CFA et une participation publique majoritaire de 70 %, la SOCIMAH reflète une vision où l’État joue un rôle moteur dans la protection des intérêts stratégiques du pays tout en favorisant l’implication du secteur privé dans l’effort de développement.
La création de la SOCIMAH est donc bien plus qu’un projet industriel. Elle symbolise une volonté de rompre avec les logiques de dépendance et d’ouvrir la voie à une croissance portée par les forces internes du pays. C’est dans cette capacité à produire, à transformer et à innover que se dessinent les contours d’un Burkina Faso plus autonome, plus résilient.












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