Ce n’est pas un poisson d’avril, bien que ce jour se prête à cette tradition ! Ils l’ont fait! Après 52 années de disette et 120 minutes d’un match indécis, les Léopards de la République Démocratique du Congo retrouvent la Coupe du monde. Il a fallu attendre les barrages africains contre le Nigeria et le Cameroun, puis intercontinentaux contre les «Reggae Boyz» de la Jamaïque, ce mardi 31 mars 2026, mais ils ont décroché ce dixième ticket au titre de représentants du continent au Mondial de football qu’accueilleront du 11 juin au 19 juillet 2026 les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Et comme un clin d’œil des dieux du football, c’est au Mexique, et plus précisément à Guadalajara, que les joueurs du sélectionneur-manager français, Sébastien Desabre, se sont ouvert le chemin de la 23e édition de la fête du foot mondial. Il a suffi d’un but, un seul, arraché par le héros du jour, Axel Tuanzebe, à la 100e minute de prolongations intenables, surtout à Kinshasa ou Lubumbashi et dans tous ces villages et villes du pays où tout un peuple retenait son souffle, le cœur relié à Guadalajara.
Historique est cette qualification, qui donnera du baume à des millions de cœurs meurtris par les balles assassines qui sifflent dans l’Est de leur pays, non seulement pour la RD Congo, mais pour toute l’Afrique, qui sera défendue pour la première fois, par 10 pays ! La RD Congo, comme l’intruse venue de l’Afrique centrale, rejoint donc l’Algerie, l’Egypte, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du sud, le Cap-Vert, le Sénégal, la Tunisie, le Maroc, et le Ghana, pour faire étalage de la magie du football africain, à la face du monde. L’Afrique, qui, malgré l’absence d’infrastructures au top niveau, le manque de moyens financiers, et surtout de temps de préparation de ses sélections, va désormais au combat, avec pratiquement, les mêmes armes que les autres continents. Car, presque toutes les sélections nationales sont animées par des footballeurs professionnels qui font les beaux jours de la Premier League anglaise, de la Liga espagnole, de la Bundesliga allemande ou de la Ligue1 française, pour ne citer que ces compétitions ! Avec leurs coéquipiers de championnat, ils se mesurent sur les mêmes standards universels du football. Le ballon sera donc rond pour tous les joueurs, qu’ils soient Africains, Européens, Asiatiques, Américains…
Certes, les ambitions, des Chancel Mbemba, Cedric Bakambu et autres Lionel Mpasi, sont grandes, mais pourront-ils renverser des montagnes ? Peut-être pas, mais ils doivent faire mieux que leurs devanciers, qui, malgré leur engagement sur le terrain, ont pris de l’eau de toutes parts. A leur décharge, les Léopards, sous les couleurs du Zaïre, aujourd’hui RD Congo, participaient pour la première fois au Mondial de football. Battus d’entrée de jeu par l’Ecosse par 2-0, ils seront coulés par la Yougoslavie dans un déluge de buts (9-0), avant de limiter, comme ils le pouvaient les dégâts face au grand Brésil de l’époque, qui les a terrassés par 3-0. Le baptême du feu s’était transformé en naufrage collectif pour les amateurs zaïrois, face aux professionnels européens et sud-américains. Le charter de « citronniers », en français facile les « féticheurs », qui avaient promis de revenir à Kinshasa avec le trophée mondial, avaient mal lu dans la boule de cristal ! Le football se joue sur le terrain et les Congolais ont certainement retenu la leçon. Les Léopards seront dans le Groupe K, avec le Portugal, la Colombie et l’Ouzbekistan
Pour le moment, les Léopards de la RD Congo savourent cette qualification arrachée de haute lutte, tout en gardant à l’esprit, de même que les autres ambassadeurs du foot africain, que l’essentiel n’est plus de participer à la Coupe du monde, mais de la gagner !















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