Burkina Faso/8mars : Des champs de Zongo aux salons de Koulouba, la gratitude des femmes rurales

Burkina Faso koulouba

Au Palais de Koulouba, l’image est simple et presque silencieuse. Des femmes rurales, venues du village de Zongo, apportent au chef de l’État quelques produits issus de leurs champs. Un geste de gratitude. Mais derrière cette scène d’apparence modeste se dessine une séquence politique plus profonde. Celle d’une promesse présidentielle devenue réalité concrète dans la terre burkinabè.

En recevant la coopérative féminine Relwende Teel Taba, le Président du Faso, Ibrahim Traoré, confirme une ligne politique qui se construit depuis le début de la transition : un pouvoir qui entend restaurer la crédibilité de l’action publique par des engagements tenus et des réalisations visibles. L’an dernier, lors d’une visite inattendue à Zongo, les femmes avaient exposé leurs difficultés. L’accès à l’eau, la protection du périmètre maraîcher, les moyens d’augmenter leur production. La réponse présidentielle n’est pas restée au stade des intentions. Le périmètre est aujourd’hui clôturé, équipé d’un château d’eau et d’un système d’irrigation moderne.

Dans la géographie politique du Burkina Faso rural, ce type d’intervention produit des effets bien au-delà d’un simple aménagement agricole. Il renforce l’économie locale, sécurise les revenus de dizaines de familles et installe un cercle vertueux de production. Chaque parcelle irriguée devient une petite forteresse contre la précarité. Chaque récolte supplémentaire consolide l’autonomie alimentaire.

Le choix de soutenir les coopératives féminines révèle également une orientation stratégique claire. Dans de nombreuses régions du Sahel, les femmes portent silencieusement l’essentiel de l’activité maraîchère et de la transformation agricole. Les soutenir revient à renforcer l’ossature même de l’économie rurale. Le développement cesse alors d’être une abstraction administrative. Il devient une dynamique vivante, portée par celles qui cultivent la terre et nourrissent les marchés.

Le geste posé par les femmes de Zongo possède ainsi une portée politique singulière. En offrant au chef de l’État les fruits de leurs récoltes, elles rappellent que la confiance entre un peuple et ses dirigeants se construit d’abord dans la fidélité à la parole donnée. Dans un contexte sahélien marqué par l’épreuve et les incertitudes, cette relation directe entre l’État et les communautés rurales redonne une densité particulière à l’action publique.

À travers ces champs irrigués se dessine en filigrane une ambition nationale. Celle d’un Burkina Faso qui reconstruit sa souveraineté à partir de ses villages, de son agriculture et du travail patient de ses citoyens. Car au fond, une nation se relève rarement par les discours seuls. Elle se relève lorsque la parole publique finit par pousser, comme une récolte, dans la terre même du pays.

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *