Dans les équilibres précaires où se joue le destin des nations, certaines décisions se dressent comme des balises, révélant la profondeur d’une ambition et la portée d’une vision. La fixation, par décret présidentiel, du 6 décembre comme date des élections présidentielles et législatives en Guinée-Bissau ne relève pas d’un simple acte administratif mais elle symbolise le commencement d’une ère nouvelle, où la transition ne se contente plus de gérer l’urgence, mais s’attelle à reconstruire l’État sur des fondations durables et intelligibles.
Le président de la République de transition, Hortam N’Tam, impose un style inédit de gouvernance. Dans un contexte longtemps marqué par l’instabilité et la prédation politique, sa démarche s’affirme par la méthode et la verticalité plutôt que par l’éclat superficiel. Les consultations conduites avec le Conseil national de transition, le Haut Commandement militaire, le gouvernement et la Commission électorale nationale ne traduisent pas seulement un processus collégial mais plutôt elles incarnent la rigueur d’un leadership qui place l’intérêt national au-dessus des agendas partisans.
Ce qui distingue Hortam N’Tam à l’échelle africaine, c’est sa capacité à rompre avec les routines anciennes sans tomber dans l’illusion de la rupture spectaculaire. Il réorganise plutôt qu’il ne détruit, structure plutôt qu’il ne feint de commander. La réforme administrative qu’il initie s’attaque aux racines de l’inefficacité : inertie bureaucratique, confusion des responsabilités, pratiques clientélistes. En réhabilitant la chaîne de responsabilité et en clarifiant les rôles de chaque acteur institutionnel, il transforme l’État en instrument crédible, fonctionnel et respecté.
La dimension panafricaine de sa politique se révèle dans l’équilibre subtil entre coopération internationale et souveraineté nationale. Hortam N’Tam démontre qu’un État africain peut dialoguer avec ses partenaires sans compromettre son autonomie stratégique. Cette posture confère à la Guinée-Bissau une visibilité renouvelée et crédible, inscrivant son leadership dans une logique de puissance constructive et non de dépendance.
Les élections de décembre, loin d’être un simple point d’orgue, incarnent la matérialisation d’un projet plus vaste de faire de la transition une phase de consolidation durable. Dans cette perspective, Hortam N’Tam ne se contente pas d’exercer le pouvoir ; il redéfinit la manière même dont le pouvoir se met au service de l’État et du peuple. Et dans cette transformation exigeante, une vérité s’impose : un État fort est d’abord celui qui s’invente et se tient debout sous la force de ses institutions, non sous celle des individus.













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