Il arrive, dans la trajectoire d’un État, un moment où l’administration cesse d’être un labyrinthe stérile pour redevenir un instrument de justice. La décision prise par le président Brice Clotaire Oligui Nguema de régulariser les plus de 6 900 situations administratives au sein de l’Éducation nationale s’inscrit dans cette temporalité rare, celle où l’État ne se contente plus de promettre, mais tranche, assume et répare.
Car il ne s’agissait pas seulement de dossiers en souffrance, il s’agissait d’hommes et de femmes maintenus trop longtemps dans l’ombre de l’ancienne République, enseignants sans statut clair, carrières suspendues, vies professionnelles mises entre parenthèses par une bureaucratie devenue indifférente à la dignité humaine. La grève de janvier 2026 n’a pas créé la crise ; elle l’a révélée. Oligui Nguema, lui, a choisi de l’affronter.
Ce choix traduit une rupture méthodique avec une culture politique gabonaise ; et plus largement africaine ; où l’administration était souvent utilisée comme outil de contrôle, parfois de punition sociale, rarement comme levier d’élévation collective. En actant des intégrations massives, des reclassements, des rappels de droits, le chef de l’État ne fait pas que corriger des anomalies mais il redonne une colonne vertébrale morale à l’appareil public.
S’il faut mesurer la portée symbolique de la régularisation des enseignants dits « bénévoles », il est clair que pendant des années, ces femmes et ces hommes ont tenu l’école gabonaise à bout de bras, sous le régime Bongo, sans reconnaissance statutaire, parfois sans salaire digne. Les intégrer aujourd’hui, c’est reconnaître une dette historique. C’est aussi envoyer un message clair que la République ne prospère pas sur l’effacement de ceux qui la servent.
Dans cette séquence, le président Oligui Nguema confirme ce qui distingue désormais son leadership ; une approche panafricaine débarrassée des postures, où la souveraineté se construit par la maîtrise des politiques publiques concrètes. Là où d’autres invoquent l’Afrique à coups de slogans, lui agit sur les fondations : l’école, la santé, l’administration, la valeur du travail.
En annonçant l’extension prochaine de cette dynamique au secteur de la Santé, le pouvoir gabonais affirme une ligne droite, celle de réformer sans bruit, mais sans recul ; gouverner sans théâtralité, mais avec autorité.
Et peut-être est-ce là, dans ce silence efficace et cette fidélité aux actes, que se dessine la marque des nouveaux dirigeants africains qui écrivent l’histoire de leur peuple sur dans le livre d’or de la souveraineté.













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