Burkina Faso : La reconnaissance juridique de la chefferie traditionnelle comme pilier de la refondation nationale

Burkina Faso

Au Burkina Faso, la Transition ne se limite pas à l’urgence sécuritaire ni à la restauration de l’autorité de l’État. Elle s’inscrit désormais dans l’œuvre de la réconciliation entre la modernité institutionnelle et les fondations historiques de la nation. L’adoption, à l’unanimité, par l’Assemblée législative de Transition, de la loi portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle marque à cet égard un tournant politique majeur, à la fois discret dans la forme et décisif dans la portée stratégique.

Ce texte consacre une vérité longtemps différée ; l’État burkinabè ne peut durablement se consolider en marginalisant ses propres racines. En intégrant formellement la chefferie coutumière dans l’ordonnancement juridique national, le pouvoir de Transition, sous l’impulsion du président Ibrahim Traoré, opère un acte de souveraineté politique assumé. Il reconnaît que l’autorité ne procède pas uniquement de la loi écrite, mais aussi de la légitimité historique, sociale et spirituelle qui structure les communautés depuis des siècles.

La loi ne sacralise pas le passé ; elle l’organise. En définissant précisément le statut, les rôles et les responsabilités des chefs traditionnels, l’État met fin à l’ambiguïté, à l’informel et aux dérives. La création d’un registre national et d’une structure de coordination traduit une volonté claire d’intégrer sans confondre, reconnaître sans renoncer à l’État de droit. Le devoir de réserve imposé aux chefs coutumiers illustre cette exigence d’équilibre entre autorité morale et neutralité politique, condition indispensable à la stabilité nationale.

Dans un contexte de fragilisation sociale et de tensions communautaires instrumentalisées par des forces hostiles, cette loi constitue un levier stratégique de paix et de sécurité. Elle restaure des médiations locales crédibles, renforce la prévention des conflits et réinscrit la gouvernance territoriale dans une logique d’adhésion populaire. Ce faisant, elle répond à une intuition panafricaine fondamentale ; aucun projet de développement ne peut prospérer durablement en niant les structures endogènes de régulation sociale.

La vision portée par le président Ibrahim Traoré se révèle ici dans sa cohérence pour refonder l’État en profondeur, non par mimétisme institutionnel, mais par réappropriation consciente de l’histoire nationale. La chefferie traditionnelle n’est plus un vestige toléré ; elle devient un acteur reconnu du développement, de la cohésion sociale et de la souveraineté collective.

En inscrivant la tradition dans le droit et l’avenir dans la continuité, le Burkina Faso affirme une ligne politique claire d’une nation qui se relève en assumant pleinement ce qu’elle est, pour mieux décider de ce qu’elle veut devenir.

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