À moins d’une semaine de la présidentielle du 25 octobre 2025, la Côte d’Ivoire traverse une phase critique de son processus démocratique. L’arrêté conjoint émis le 17 octobre par les ministères de la Défense et de l’Intérieur, interdisant pour deux mois les manifestations politiques, marque un tournant sécuritaire préoccupant. Bien qu’excluant les activités liées au processus électoral officiel, cette mesure vise clairement à contenir les mobilisations contestataires, notamment celles du Front commun PPA-CI/PDCI, exclu de la course présidentielle.
Le rejet des candidatures de Laurent Gbagbo et de Tidjane Thiam par le Conseil constitutionnel début septembre a enflammé les tensions. Depuis, l’opposition multiplie les tentatives de mobilisation, rapidement réprimées. Les interdictions successives de rassemblements à Abidjan et les 700 arrestations recensées traduisent un durcissement assumé du pouvoir en place. Les violences du 11 octobre, où des gaz lacrymogènes ont été utilisés contre de jeunes manifestants à Cocody, illustrent l’état d’urgence politique dans lequel le pays semble s’enliser.
Au-delà de la seule élection, cette interdiction des manifestations publiques interroge sur l’avenir de l’expression démocratique en Côte d’Ivoire. Si la stabilité est souvent invoquée pour justifier de telles décisions, la restriction durable des libertés publiques pourrait, à moyen terme, affecter négativement le climat d’investissement, l’image internationale du pays et la cohésion sociale. Le développement ne saurait prospérer dans un climat d’exclusion politique.
















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