Ethiopie/Inauguration du GERD : un tournant géopolitique et énergétique pour la Corne de l’Afrique

ETHIOPIE GERD

L’inauguration du Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), le 9 septembre 2025, marque un jalon historique pour l’Éthiopie et l’ensemble de la région du Nil. Avec ses 74 milliards de mètres cubes de capacité et une production attendue de 5150 mégawatts, le plus grand projet hydroélectrique d’Afrique devient enfin pleinement opérationnel, au terme de 14 années de controverse diplomatique intense.

Symbole d’un souverainisme énergétique assumé, le GERD a été financé exclusivement par des sources internes, hors du circuit des bailleurs internationaux. Il incarne une volonté politique affirmée de rompre avec une dépendance historique, tout en répondant à un impératif économique de sortir les 60 millions d’Éthiopiens encore privés d’électricité de l’obscurité. Ce projet ouvre également la voie à une nouvelle dynamique industrielle régionale, fondée sur un approvisionnement énergétique fiable, propice aux investissements.

Mais derrière l’optimisme d’Addis-Abeba, l’inauguration du GERD cristallise une fracture géopolitique persistante. L’absence remarquée de l’Égypte et du Soudan à la cérémonie souligne la profondeur des tensions. Le Caire, fort d’accords historiques de 1929 et 1959, dénonce un projet unilatéral susceptible de compromettre sa sécurité hydrique. L’échec des négociations, officiellement acté en juillet 2025, confirme l’impasse diplomatique.

Le GERD ne se limite donc pas à une prouesse technique, il redessine les rapports de force au sein du bassin du Nil. Pour l’Éthiopie, il s’agit désormais de transformer cette victoire hydraulique en levier de leadership régional, sans aggraver les tensions avec ses voisins en aval.

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