Face aux fractures de l’espace ouest-africain, l’apaisement diplomatique entre le Bénin et l’Alliance des États du Sahel (AES) constitue une urgence vitale. La tournée éclair du président Romuald Wadagni à Ouagadougou, Niamey et Bamako marque un virage indispensable. Devant le général Assimi Goïta ce mardi 9 juin, la volonté d’un « souffle nouveau » s’impose comme le seul choix lucide. Cotonou et les capitales du Sahel doivent clore l’ère des divergences pour reconstruire une stabilité régionale en péril.
Ce choix de la décrispation s’appuie sur un pragmatisme économique salvateur. Le président béninois place officiellement ses visites sous le sceau de l’UEMOA. De cette façon, il contourne l’impasse politique et le passif de la CEDEAO, une institution en rupture avec les régimes du Sahel. L’accent sur le partage d’une même monnaie et d’une même banque centrale rappelle une vérité fondamentale : l’interdépendance économique l’emporte sur les querelles idéologiques. La réconciliation avec le Sahel découle d’une certitude géographique : la prospérité du Bénin exige le dynamisme commercial de son arrière-pays, tandis que le Sahel requiert un accès fluide à la mer.
L’accueil chaleureux de Bamako montre que les régimes de l’AES espèrent également cette ouverture. Elle prouve le retour du dialogue dès lors que le respect mutuel remplace l’escalade des sanctions. Le Bénin et l’AES choisissent d’investir les secteurs du commerce et de la culture pour briser l’isolement réciproque. La politique de confrontation mène à l’échec ; elle fragmente les peuples et affaiblit la lutte contre le terrorisme. L’heure appelle à la solidarité face à l’insécurité, une cause commune qui réclame la contribution de chaque État.
La sécurité collective et la croissance régionale se construiront exclusivement avec le Sahel. L’apaisement constitue l’unique voie vers une vraie souveraineté.
Ce processus de décrispation doit devenir un partenariat stratégique durable. L’invitation du président malien au Bénin doit sceller cette réconciliation. Pour le Bénin comme pour l’AES, le retour à des relations sereines forme le bouclier indispensable face aux menaces de l’époque nouvelle et le garant unique de l’avenir commun.












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