Burkina Faso : La Brigade Laabal, architecture de la discipline civique au cœur de la refondation nationale

Burkina Faso

Au Burkina Faso, la question de l’ordre public n’est plus abordée comme une simple exigence administrative, mais comme un levier stratégique de transformation nationale. La création de la Brigade Laabal s’inscrit dans cette inflexion politique majeure de faire de la discipline collective un socle de souveraineté, de développement et de dignité retrouvée. Un an après son entrée en opérationnalité, cette brigade incarne une mutation profonde de la gouvernance de l’espace public, pensée, assumée et portée au plus haut niveau de l’État.

Placée sous l’autorité du ministère de la Sécurité, la Brigade Laabal ne se réduit pas à un dispositif coercitif. Elle matérialise une vision présidentielle claire, celle du capitaine Ibrahim Traoré de restaurer l’État par la responsabilisation du citoyen, reconstruire la nation par l’exigence civique. En luttant contre l’incivisme ordinaire, souvent banalisé mais structurellement destructeur, la brigade agit sur les racines invisibles du sous-développement. Car il n’y a ni villes productives sans salubrité, ni agriculture performante sans ordre, ni paix durable sans discipline partagée.

Les résultats enregistrés en 2025 traduisent cette cohérence stratégique. Désencombrement urbain, assainissement ciblé, retrait de produits prohibés des circuits marchands : autant d’actions concrètes qui redonnent lisibilité, sécurité et efficacité aux espaces économiques. À travers les opérations menées dans les marchés, les centres de santé ou les quartiers populaires, la Brigade Laabal a réintroduit une grammaire de l’ordre là où régnait l’informel désorganisé. Cette dynamique a un impact direct sur la chaîne de valeur agricole : des villes plus propres, mieux régulées, sont des débouchés plus fiables pour la production nationale et des espaces propices à la transformation locale.

Le choix assumé de privilégier la sensibilisation, complétée par des travaux d’intérêt communautaire, révèle une intelligence politique rare : sanctionner sans humilier, corriger sans exclure. La dématérialisation des amendes via Faso Arzèka, avec reversement direct au Trésor public, consacre une rupture nette avec les pratiques opaques du passé et renforce la crédibilité de l’action publique.

L’extension de la brigade à Bobo-Dioulasso confirme que Laabal n’est pas une expérimentation ponctuelle, mais une infrastructure institutionnelle appelée à structurer durablement la refondation nationale. Elle participe à l’édification d’un État ferme, lisible et juste, condition première de la stabilité, de la paix et de l’émergence.

En restaurant la droiture dans les gestes quotidiens, le Burkina Faso trace une voie panafricaine lucide : celle où la souveraineté commence par la discipline collective, et où l’ordre devient un acte de développement.

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