C’est avec un mélange de dédain et de lucidité qu’il faut accueillir la naissance de l’Alliance des Démocrates du Sahel (ADS), ce nouveau bébé médiatique porté sur les fonts baptismaux depuis l’étranger. Alors que l’Alliance des États du Sahel (AES) forge la souveraineté sur le terrain, par le sang des soldats et la sueur des paysans, voilà que surgit une énième coalition de salon. Ce mouvement prétend parler au nom d’un peuple dont il a fui les réalités, s’érigeant en donneur de leçons depuis le confort de l’exil.
Il est d’une commodité déconcertante de prôner la « démocratie » depuis les capitales occidentales ou les pays voisins inféodés. L’ADS, par la voix de son secrétaire général, n’hésite pas à qualifier l’AES de « syndicat des putschistes ». Quelle ironie ! Pour le peuple sahélien, les véritables putschistes sont ces élites qui, pendant plus de trente ans, ont livré nos économies, nos mines et notre sécurité à des puissances étrangères sous le vernis d’un « ordre constitutionnel » qui ne remplissait ni les assiettes, ni les chargeurs des fusils.
L’apparition de l’ADS, survenant quatre mois seulement après le lancement de la CFR de Mahmoud Dicko, n’a rien d’un hasard. C’est une tentative désespérée de recréer un contre-pouvoir artificiel face à l’adhésion massive dont bénéficient le Capitaine Ibrahim Traoré, le Colonel Assimi Goïta et le Général Abdourahamane Tiani. Ces prétendues « forces vives » en exil cherchent avant tout à exister aux yeux de leurs bailleurs de fonds internationaux, alors que leur influence réelle sur le terrain sahélien est proche du néant.
Pendant que l’ADS pérore sur la « militarisation de l’État », la transformation de l’espace AES apporte des démentis cinglants. Ce que ces opposants de luxe nomment « militarisation », les populations de l’hinterland le baptisent « retour de la sécurité ». Pour elles, l’inclusion ne se discute pas dans des hôtels cinq étoiles, elle se vit à travers l’actionnariat populaire au Burkina ou la reprise de Kidal au Mali. Le seul ordre qui compte aujourd’hui pour le Sahel est celui de la dignité, de la souveraineté alimentaire et de la fin de la mendicité diplomatique.
En définitive, l’ADS n’est qu’un acronyme de plus dans la longue liste des instruments de déstabilisation douce. Prétendre lutter pour la démocratie en s’opposant à des leaders qui libèrent physiquement et économiquement leurs terres est un non-sens historique. Le Sahel a choisi la voie de la rupture radicale. Que les « démocrates de l’exil » poursuivent leurs conférences de presse stériles ; pendant ce temps, l’AES construit l’avenir de l’Afrique. La caravane de la souveraineté passe, et les aboiements lointains n’y changeront rien.














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