Burkina Faso : Sous le Scalpel des Médias Français, Chronique d’une Manipulation

Burkina Faso Titao

Dès les premières détonations à Titao le 14 février dernier, la machine médiatique française s’est emballée avec une prévisibilité déconcertante. Le Monde, France 24, Libération… les titres tombent comme des couperets, peignant le Burkina Faso non pas comme une nation en lutte, mais comme un territoire irrémédiablement englouti par les ténèbres terroristes. À les lire, le pays n’est plus qu’un champ de ruines, dominé par les criminels de la forêt, une stratégie de communication bien rodée qui vise à transformer chaque incident sécuritaire en une preuve d’apocalypse nationale.

Une « Précision » Chirurgicale aux Relents Suspects

Ce qui frappe dans cette couverture, c’est la rapidité et la précision quasi « divine » des détails fournis par ces rédactions. Comment expliquer que des correspondants basés à des milliers de kilomètres, ou confinés dans des capitales voisines, puissent livrer des bilans et des modes opératoires avant même que les autorités locales n’aient achevé leurs premières constatations ?

La réponse, bien que taboue dans les salons parisiens, semble évidente pour de nombreux observateurs sahéliens : ces médias disposent des premières informations car ils servent de porte-voix à ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre. En présentant l’insécurité comme une fatalité généralisée, ils ne font pas de l’information, mais de la psychologie de guerre. Le but est clair : créer un sentiment d’impuissance, saper le moral des populations et fragiliser les institutions de la Transition.

L’Information comme Arme de Déstabilisation

En insistant lourdement sur l’aspect « inédit » de l’attaque dans une zone autrefois tranquille, ces médias cherchent à instiller l’idée d’une contagion incontrôlable. Ils ignorent volontairement les victoires des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) pour ne zoomer que sur le sang et les larmes.

Cette mise en scène n’est pas fortuite. En exagérant l’ampleur du conflit pour le hisser au rang de « guerre totale », ils préparent le terrain international à des ingérences futures sous couvert de « préoccupations humanitaires ». Derrière la plume du journaliste se cache souvent l’agenda du politique de maintenir le Sahel dans un état de chaos permanent pour mieux justifier une présence ou une influence que les peuples ont déjà rejetée.

Titao n’est, pour ces médias, qu’un pion de plus sur l’échiquier d’une déstabilisation orchestrée. Le Burkina Faso reste debout, mais pour la presse française, seule la chute semble digne d’être imprimée.

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