À Kotédougou, dans le Houet, la fin des travaux de déblayage de l’autoroute reliant Ouagadougou à Bobo-Dioulasso marque davantage qu’une étape technique. Elle installe un rythme. Celui d’un État qui veut reprendre la main sur son développement, son territoire, et son destin.
En moins de deux mois, 332 kilomètres dégagés sur une emprise de 100 mètres. Le chiffre est brut. Il dit pourtant une méthode. La visite du ministre de la Construction de la Patrie, Mikaïlou Sidibé, s’inscrit dans une logique de suivi serré, conforme aux orientations du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Le pouvoir ne se contente plus d’annoncer, il vérifie, il contrôle, il ajuste. La politique retrouve sa dimension d’exécution.
La rapidité d’intervention, rendue possible par l’acquisition d’une centaine de bulldozers et par la mobilisation des équipes de l’Agence Faso Mêbo, traduit une volonté de souveraineté opérationnelle. Produire, construire, aménager par soi-même. Dans un contexte sahélien instable, cette autoroute devient un axe stratégique. Elle relie deux pôles économiques majeurs, fluidifie les échanges, réduit les coûts logistiques, renforce l’intégration du marché national. Elle soutient l’agriculture, le commerce, l’industrie locale. Elle facilite aussi le déploiement des services publics et des forces de défense. La route est un outil de sécurité autant que de développement.
La vision présidentielle se lit dans cette cohérence. L’infrastructure n’est pas isolée, elle s’inscrit dans un projet plus vaste de redressement. L’État investit dans les équipements lourds, assume le pilotage des grands chantiers et imprime un tempo. Ce choix envoie un signal clair à l’international. Le Burkina Faso entend coopérer, mais sans dilution de sa souveraineté. Les partenariats se construisent désormais autour des priorités nationales, non l’inverse. Cette posture redéfinit la place du pays sur l’échiquier régional et africain, en phase avec une aspiration panafricaine à l’autonomie stratégique.
Le terrassement a déjà commencé à Tita. Plusieurs tâches sont menées simultanément. Le chantier avance, et avec lui une certaine idée de l’autorité publique. Dans un pays éprouvé par l’insécurité et les pressions extérieures, voir des engins travailler jour et nuit sur 332 kilomètres produit un effet politique tangible. Il redonne confiance. Il matérialise une promesse.
Une nation se transforme rarement par des discours. Elle se transforme quand le sol lui-même porte la trace de sa volonté.













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