À Addis-Abeba, le 11 février 2026, le Maroc a franchi une nouvelle étape dans sa trajectoire africaine. Élu dès le premier tour au Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine avec 34 voix, soit la majorité qualifiée requise, le Royaume confirme une dynamique d’influence méthodique, patiemment consolidée depuis son retour au sein de l’organisation continentale en 2017. Le vote, intervenu en marge de la 48ème session ordinaire du Conseil exécutif, n’est pas un simple succès diplomatique : il acte une reconnaissance politique.
Le Conseil de Paix et de Sécurité, organe décisionnel permanent en matière de paix et de sécurité, constitue l’un des centres névralgiques de la gouvernance africaine. Y siéger impose constance stratégique, capacité d’anticipation et sens aigu de la médiation. En obtenant les deux tiers des suffrages exprimés dès le premier tour, le Maroc ne s’installe pas seulement autour de la table : il y est attendu.
Cette élection consacre un positionnement singulier. Selon certains analystes, le Royaume s’est distingué par une approche pragmatique, articulée autour de la réconciliation et du soutien aux États fragiles, sans rigidité idéologique. Lors de ses précédents mandats (2018-2020 puis 2022-2025), le Maroc a privilégié des consultations adaptées aux réalités locales, notamment avec des pays suspendus tels que le Burkina Faso, le Gabon, la Guinée, le Mali, le Niger et le Soudan. Cette méthode, moins punitive que certaines pratiques antérieures, vise l’institutionnalisation du dialogue et l’arrimage des réponses sécuritaires à l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
L’impact de ce nouveau mandat dépasse le strict cadre diplomatique. La paix et la stabilité régionales sont des préconditions du développement. En renforçant sa présence au sein du principal organe sécuritaire continental, le Maroc consolide un environnement propice aux échanges, aux partenariats et à la coopération Sud-Sud qu’il promeut avec constance. La cohérence entre sécurité, développement et solidarité africaine devient un levier de crédibilité pour le pays, renforçant son image d’acteur fiable et constructif.
Ce siège conforte ainsi une stratégie d’ancrage continental fondée sur la responsabilité et la proposition. Il inscrit le Royaume dans une temporalité longue : celle d’un État qui fait de la stabilité africaine non un slogan, mais une architecture politique. À travers cette élection, c’est une certaine idée de l’Afrique – souveraine, dialogique et résolument tournée vers ses propres solutions – qui trouve un porte-voix supplémentaire. Et dans le concert des nations africaines, la voix du Maroc porte désormais avec une autorité renouvelée.















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