Le Ghana engage une réforme majeure pour renforcer le rôle de son marché boursier dans le financement bancaire. Les autorités monétaires ghanéennes travaillent à un cadre destiné à encourager les banques à entrer en bourse. L’objectif est de diversifier l’actionnariat, de mobiliser l’épargne locale, en particulier les fonds de pension, et de consolider la stabilité du système financier. Cette initiative révèle une volonté stratégique de l’État de relier directement le capital national au développement économique.
Le gouverneur de la Banque du Ghana, Johnson Pandit Asiama, a annoncé la création de deux comités, un comité de pilotage et un comité technique, regroupant des représentants de la supervision bancaire, des marchés de capitaux, de la stabilité financière, du monde académique et des professionnels du secteur. Leur mission consiste à définir un cadre crédible et adapté aux réalités locales, capable de guider les banques vers une cotation progressive et ordonnée sur la Ghana Stock Exchange.
Le rôle des investisseurs institutionnels locaux devient central. Les fonds de pension détiennent désormais plus de 100 milliards de cedis ghanéens, offrant une source de financement stable et de long terme. Certaines banques déjà cotées montrent que, lorsque le cadre est clair, l’épargne nationale peut soutenir le capital bancaire. La cotation permet aux banques de se soumettre à la discipline du marché et d’attirer un actionnariat plus large. Il ne s’agit pas de précipiter les introductions en bourse, mais de créer des conditions favorables à celles qui répondent aux critères prudentiels et aux obligations de gouvernance.
Le dispositif prendra en compte la diversité du secteur bancaire, entre établissements cotés, banques appartenant à des groupes étrangers et institutions avec participation publique. L’approche sera progressive et adaptée, conciliant règles de marché, exigences prudentielles et transparence financière. Cette réforme montre que le Ghana cherche à renforcer la résilience de son système bancaire tout en donnant au marché boursier un rôle actif dans le financement du pays.
Au-delà de la finance, ce mouvement est une affirmation de souveraineté économique. Mobiliser l’épargne nationale pour investir dans les institutions locales est une démarche qui confère au pays plus d’autonomie et de contrôle sur son développement. Le succès de cette réforme pourrait inspirer d’autres pays africains à consolider leurs marchés financiers et à relier épargne citoyenne et croissance nationale.
Le Ghana ne se contente pas d’ouvrir ses banques à la bourse. Il trace une voie où la responsabilité, la transparence et l’engagement national deviennent les leviers d’un développement durable et partagé. Cette vision, lorsqu’elle sera concrétisée, marquera un tournant dans la construction d’une économie africaine fière et autonome.













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