Le Sénégal franchit une étape décisive dans la modernisation de son réseau électrique, avec la mise en service de postes stratégiques à Dakar, Diass, Yoff et Kounoune. Ces infrastructures, réalisées dans le cadre du Senegal Power Compact et financées à hauteur de plus de 220 milliards de FCFA avec l’appui de la Millennium Challenge Corporation, incarnent une vision stratégique pour soutenir la croissance économique et préparer le pays à relever les défis énergétiques des décennies à venir.
Les postes de Hann et de Diass illustrent l’ampleur de cette transformation. À Hann, l’installation d’un transformateur de 80 MVA et d’un tableau 30 kV de 21 cellules permet d’alimenter plus efficacement les zones densément peuplées de Dakar et sa banlieue. À Diass, la capacité a été doublée grâce au remplacement de transformateurs et à l’ajout d’une travée réactance de 20 Mvar, assurant la continuité électrique de l’aéroport international Blaise Diagne et des pôles industriels alentours. À Yoff, l’impact se mesure directement sur la capitale et ses périphéries, concentrant près de 60 % de la demande nationale. Ces réalisations traduisent un principe fondamental : produire de l’électricité n’a de sens que si elle peut être transportée et distribuée avec fiabilité et sécurité.
Au-delà des chiffres et des techniques, ce chantier est révélateur d’une volonté politique claire de faire de l’énergie un levier structurant du développement national. La modernisation du réseau répond à un enjeu institutionnel et stratégique majeur pour garantir l’accès universel à l’électricité d’ici 2029, accompagner la stratégie gaz-to-power et sécuriser l’alimentation des zones urbaines, périurbaines et rurales. Elle inscrit le Sénégal dans une trajectoire de souveraineté énergétique, en exploitant ses ressources locales et en renforçant son autonomie technique et industrielle.
Ce projet illustre également une dynamique panafricaine de progrès et de maîtrise locale. Les travaux, réalisés majoritairement par des ingénieurs sénégalais selon les standards internationaux, montrent que le développement technologique peut rimer avec valorisation des compétences nationales et responsabilité environnementale. Il s’agit moins d’une simple infrastructure que d’une « autoroute de l’électricité », comme le souligne Oumar Diop, capable de soutenir l’industrialisation, la croissance économique et l’amélioration concrète des conditions de vie.
La modernisation du réseau électrique dépasse ainsi l’ingénierie pour devenir un instrument de souveraineté et de prospérité. En doublant la capacité, en renforçant la fiabilité et en préparant le Sénégal aux défis énergétiques futurs, le pays affirme sa capacité à transformer l’ambition en réalité tangible, démontrant que l’électricité peut être le fil invisible qui tisse la force et la résilience d’une nation.














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